Le don d'organes

Même si le « consentement présumé » était déjà inscrit dans la  législation française depuis la loi Caillavet de 1976, puis par la loi « relative à la bioéthique » du 6 août 2004, et permettait de dire que toute personne qui ne s'était pas inscrite sur le registre national des refus de dons d'organes était, par nature, consentante à donner ses organes au moment de son décès, le corps médical avait beaucoup de mal à obtenir des proches du défunt, la permission de prélever ses organes.

Dans la pratique, comme l'a montré en 2016 un reportage médical présenté à la télévision par le médiatique médecin Michel Cymes, il suffisait qu'un proche refuse le prélèvement d'un organe du défunt pour que le praticien abandonne le prélèvement, même si l'organe était compatible avec un malade en attente d'un don.

Depuis le début de l'année 2017, tout a changé dans le domaine des dons d'organes, grâce à l'amendement de la loi Touraine, applicable depuis le 1er janvier 2017.  Dorénavant, l'inscription sur le registre des refus est facilitée, car accessible depuis le 23 janvier 2017 sur internet. Toute personne qui désire spécifier qu'elle refuse que ses organes soient prélevés à son décès peut donc s'inscrire sur le registre par courrier, sur le site internet, ou en rédigeant un courrier explicite. La conséquence est que dorénavant, le don sera automatiquement appliqué si la personne décédée n'est pas inscrite sur le registre des refus, même si ses proches s'y opposent.

Sensibilisé sur le sujet des dons d'organes depuis longtemps par deux films d'Almodovar, qui m'avaient particulièrement marqué, La Fleur de mon secret (1995) et Tout sur ma mère (1998), je ne peux qu'être heureux de cette avancée significative, qui pourra probablement sauver de nombreuses vies. Dans une actualité plutôt morose, c'est une très bonne nouvelle !

Revenir à la liste des articles »